Avis au lecteur.

Enfant, il y avait un poster de Lascaux dans ma chambre. Une tête de taureau. La nuit, malgré l’obscurité, je distinguais encore les cornes du monstre dans le noir. Et ma chambre devenait une grotte pré-historique. L’œil produit de la fiction.

Un jour, à l’école, on nous a fait tracer le contour de nos mains sur des feuilles de papier. Je pensais à Lascaux. Mais il n’y avait pas de feutre couleur ocre, et j’hésitai alors longuement entre le rouge, le noir, le marron et l’orange. L’œil est hanté par des images.

Depuis, j’ai vu des centaines d’autres mains : la main de Dieu de Rodin, la main rampante et meurtrière d’une nouvelle de Maupassant, les empreintes des carnets anthropométriques, le poing fermé des révoltés chez Eisenstein… L’œil collectionne, classe, catégorise.

L’œil, toujours, produit du sens. C’est justement ce travail de l’œil, lieu de fiction et de mémoire, perdu dans le jeu infini du signe, que je voudrais décliner ici à travers une série d’articles.

J’espère que ces petits textes vous feront penser à vos propres images. Surtout, n’hésitez pas à ajouter des commentaires et à partager vos images !

Je vous souhaite une bonne lecture,

Lise Lemerle.

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