Faustus on air.

Auteur : Lise Lemerle

 

Rome. C’est l’été, il fait chaud. Très chaud. Mais on est à l’ombre, et les statues sont magnifiques. On commence le tour de la grande cour intérieure du Musée des Thermes de Dioclétien. Ici, il manque un pied. Là, un nez. Là encore, ni jambes, ni bras, ni buste, seule la tête, petite, est restée intacte ; ailleurs, suite à une restauration malheureuse, un pauvre homme de loi, noyé dans sa grande toge, le parchemin dans la main, a hérité d’une tête minuscule, disproportionnée.

Malgré tous nos efforts, la fatigue et la chaleur se font sentir. Alors, comme les pierres d’un chemin, les bustes commencent à se ressembler tous. Pour lutter contre la lassitude qui vient, on joue la carte de l’imagination. On imagine ici les traits du visage de cette statue dont la tête est perdue pour toujours. Là, au contraire, on se demande si le modèle d’origine avait vraiment le front aussi têtu.

On poursuit notre marche, quand quelque chose nous arrête.

Est-ce à cause de la proximité de la porte ? Du cadre, sur le mur, qui nous rappelle vaguement la forme d’un tableau, d’une fenêtre peut-être ? Est-ce à cause du socle même de la statue qui a les dimensions exactes d’une table basse pour télévision ? Nous apparaît un véritable salon de pierre. Et, dans l’étonnement le plus total, on découvre alors un poste télévision fossile datant de la Rome Antique. On reste ébahi par cet aplatissement soudain du temps. Deux millénaires pour ça ?

Television Antique, Rome. Photomontage réalisé par Lise Lemerle.

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